La gastronomie de Trieste reflète sa géographie — un port habsbourgeois à la jonction des cultures italienne, slovène et autrichienne. La culture du café est la plus fine d’Italie. La cuisine est un mélange de l’Adriatique, du plateau du Karst et des traditions de l’Europe centrale.
Le café
Trieste est la capitale du café d’Italie, ce qui en fait la capitale du café du monde. La ville possède son propre vocabulaire du café :
- Nero — espresso (ce que la plupart des Italiens appellent caffè)
- Capo — espresso avec un peu de lait (similaire à un macchiato)
- Capo in B — capo dans un verre (B = bicchiere), ce qui le garde plus frais
- Goccia — quelques gouttes de lait dans un espresso
- Deca — décaféiné
Trieste a la plus haute consommation de café par habitant en Italie et abrite le siège d’Illy et les historiques Caffè degli Specchi et Caffè San Marco (l’un des grands cafés littéraires européens).
Ce qu’il faut goûter
Jota — le plat définissant de Trieste. Une soupe épaisse de haricots (borlotti ou cannellini), choucroute, côtes de porc fumé, ail et feuilles de laurier. Réchauffante, acide, profondément savoureuse. Un plat paysan du Karst et d’Istrie.
Goulash triestino — goulash de bœuf aux racines austro-hongroises. Préparé avec du paprika, des oignons, de la tomate et du bœuf braisé lentement. Souvent servi avec de la polenta ou du pain.
Brodetto triestino — un ragoût de poissons préparé avec la pêche adriatique, l’oignon, le vinaigre et l’huile d’olive. Plus léger que le brodetto vénitien, plus acide.
Strudel di mele — strudel aux pommes, directement issu de la tradition viennoise. Trouvé dans chaque café et pâtisserie. La version triestine est indiscernable d’une version autrichienne.
Putizza — un pain brioché tressé fourré de noix, raisins, pignons et rhum. D’origine slovène ; totalement intégré dans la tradition triestine.
Prosciutto cotto all’osso — jambon cuit à l’os, tranché finement. Les versions de San Daniele et de Trieste sont les meilleures. Mangé en sandwichs au déjeuner, ou en antipasto.
Où manger et boire
Les grands cafés habsbourgeois sur la Piazza Unità d’Italia et dans les rues environnantes sont l’expérience essentielle de Trieste. Caffè degli Specchi, Caffè San Marco, Caffè Tommaseo — tous fonctionnent depuis plus d’un siècle.
Osmice — tavernes de ferme saisonnières sur le plateau du Karst au-dessus de la ville. Ce sont des fermes en activité qui servent leur propre vin, prosciutto, fromage et jota certains jours seulement. Un tour gastronomique de Trieste couvrant la culture du café, les cafés habsbourgeois et les plats locaux est disponible.
Vins
Trieste possède sa propre DOC (Carso) pour les vins du plateau du Karst — principalement la Vitovska (un blanc d’une minéralité frappante) et le Terrano (un rouge à forte acidité, fait à partir du cépage Refosco). Les deux sont autochtones à cette région et rarement trouvés ailleurs.
Restaurants
Buffet da Pepi (Via della Cassa di Risparmio 3) — Une institution triestine depuis 1897. Porc bouilli au comptoir, saucisses, choucroute et moutarde. Environ 8–12 € pour une assiette de viandes bouillie mélangées avec du pain en 2026.
Trattoria Nerodiseppia (Via Cadorna 11) — Fruits de mer adriatiques : brodetto, poissons grillés, pâtes aux palourdes. Plats environ 14–18 €. Fermé le dimanche.
Suban (Via Comici 2, sur le Karst au-dessus de la ville) — Restaurant familial depuis 1865, servant des plats triestino-slovènes : jota, goulash, gibier, strudel. Plats environ 14–20 €. Réservation recommandée.
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