Rimini est au cœur de l’Émilie-Romagne — une région régulièrement désignée comme l’une des meilleures régions gastronomiques d’Italie — et la cuisine locale en témoigne. Ce n’est pas une cuisine spectaculaire. Elle repose sur un petit nombre d’ingrédients excellents : la piadina romagnola, les pâtes faites à la main, le poisson adriatique livré quotidiennement depuis le port, les charcuteries locales et le fromage squacquerone qui apparaît sur presque toutes les tables.
La Piadina Romagnole
La piadina est le plat emblématique de Rimini et de toute la région de Romagne. C’est un simple pain plat — farine, saindoux ou huile d’olive, bicarbonate de soude, sel — cuit sur un disque plat en terre cuite ou en fonte (testo) jusqu’à ce qu’il se gonfle et noircisse par endroits. Le résultat est doux et légèrement croustillant sur les bords, avec une légère profondeur savoureuse apportée par le saindoux.
La garniture classique est le prosciutto crudo di Parma et le squacquerone — un fromage frais et tartinable de Romagne, à la saveur douce et à la texture entre la ricotta et le fromage à la crème. D’autres garnitures incluent la roquette et le stracchino, la salsiccia, ou le trio de salumi romagnol de prosciutto, salame et coppa.
Les piadinerie vont des simples kiosques aux restaurants avec service à table. À un kiosque, une piadina coûte environ 3–5 € selon la garniture. Dans un établissement avec service à table, comptez 6–9 €.
Où manger : Chercher un testo actif visible depuis le comptoir — les meilleures piadinerie ont le leur en vue. Les rues immédiatement à l’ouest de la Piazza Tre Martiri dans le centre historique ont plusieurs options fiables.
Cappelletti in Brodo
Les cappelletti — petites pâtes en forme de chapeau, légèrement plus grosses que des tortellini — sont les pâtes de fête de Romagne. La farce est généralement un mélange de ricotta, parmigiano reggiano et noix de muscade, bien que certaines versions locales incluent une petite quantité de porc ou de poulet. Ils sont servis dans un bouillon de chapon ou de poulet cuit pendant des heures.
C’est un plat du dimanche et des grandes occasions, préparé dans les foyers de Romagne depuis des siècles. Dans les restaurants, il figure sur la carte toute l’année, bien qu’il soit plus courant en automne et en hiver.
Un bol de cappelletti in brodo coûte environ 10–14 € dans une trattoria de gamme moyenne.
Les strozzapreti — pâtes roulées à la main, au nom traduisant grossièrement « étrangleurs de prêtres » — sont une autre spécialité locale. Ils s’accordent particulièrement bien avec une simple sauce tomate-basilic ou avec un ragù de saucisse et de porcini. Un bon plat de strozzapreti coûte environ 10–13 €.
Fruits de mer adriatiques
Le port de pêche de Rimini (Porto di Rimini) livre sa prise quotidiennement, et les meilleurs restaurants de la ville s’approvisionnent directement. L’Adriatique ici est relativement peu profond et produit des espèces différentes des eaux plus profondes du sud : sgombro (maquereau), orata (daurade), branzino (bar), seppie (seiche) et triglie (rougets) sont les spécialités locales.
Sgombro alla griglia — maquereau grillé — est particulièrement bon de la fin août à octobre lorsque les poissons sont les plus gras après avoir bien mangé tout l’été. Servie simplement : grillée sur les braises, assaisonnée d’huile d’olive et de citron. Une portion plat principal coûte environ 14–18 €.
Frittura di paranza est une friture de petits poissons adriatiques mélangés — ce qui est arrivé ce jour-là — légèrement panés et frits jusqu’à être croustillants. Mangée avec du citron, sans cérémonie. Une bonne portion coûte environ 12–16 €.
Seppie in umido — seiche braisée lentement dans son encre avec vin blanc, tomate et herbes — est un plat profondément ancré dans la cuisine côtière adriatique.
Éviter les restaurants touristiques directement sur la promenade de la plage. Les meilleurs restaurants de fruits de mer se trouvent dans les ruelles près du port, dans le centre historique et dans le quartier de Borgo San Giuliano, à 5 minutes à pied du Ponte di Tiberio.
Restaurants qui méritent la visite
Osteria de Borg — Borgo San Giuliano, le petit quartier de l’autre côté du Ponte di Tiberio. Une petite salle avec des menus écrits à la main et une cuisine qui change selon les arrivages du matin. Excellente aussi bien en pâtes fraîches qu’en poisson. Comptez environ 30–40 € par tête avec le vin. Réserver à l’avance en été.
Lo Squero — Près du port, centré sur le poisson adriatique. La frittura di paranza est régulièrement bonne et le branzino all’acqua pazza est un choix fiable. Environ 35–50 € par tête.
La Marianna — Une piadineria historique dans le centre historique, ouverte depuis des décennies, avec un testo visible et un court menu de garnitures classiques. Pas de réservation nécessaire. Piadina à partir de 3,50 €.
Ristorante Al Gatto Verde — Une trattoria milieu de gamme dans le centre historique où l’accent est mis sur la terre plutôt que la mer — cappelletti in brodo, tagliatelle au ragù et viandes rôties. Populaire auprès des locaux le dimanche. Environ 25–35 € par tête avec le vin maison.
Pour le marché : le Mercato Coperto (marché couvert) de la Piazza Cavour vend des produits locaux, du fromage et des salumi — le meilleur endroit pour acheter du squacquerone, du prosciutto local et du salame de Romagne.
Vins et boissons
L’Émilie-Romagne produit une large gamme de vins, et les choix locaux ici penchent vers le Sangiovese di Romagna (un rouge sec, plus léger que le Sangiovese toscan, bien adapté aux viandes grillées et aux pâtes au ragù) et l’Albana di Romagna (un blanc allant du sec au doux passito, l’un des plus anciens DOCG d’Italie).
Pour l’apéritif, le Campari avec prosecco ou un simple spritz Aperol est l’option estivale par défaut. La région de Romagne produit également le Trebbiano Romagnolo — un blanc sec simple qui s’accorde bien avec le poisson frit et la daurade grillée.
La piadina se mange généralement avec un verre de Sangiovese di Romagna, qui coupe la richesse du saindoux et du squacquerone.